Être cultivée, c’est bien, mémoriser c’est mieux ! Mémoire de poisson rouge ou d’éléphant ?

Depuis quelques jours, je m’intéresse vraiment aux techniques de mémorisation. Être cultivée, c’est bien, mémoriser c’est mieux ! J’avoue, je n’ai pas envie de mourir bête. J’ai plutôt envie de connaître les bases, histoire de pouvoir participer plus activement à des débats, répondre plus tard aux questions de mes enfant(s) et être capable de les aider dans leurs cours ou encore jouer au Trivial Pursuit sans me sentir con tout le long … Vous voyez le genre ? Si petite il y a pleins de sujets que j’évitais, aujourd’hui j’ai envie de rattraper mes lacunes. On dit qu’il n’est jamais trop tard pour apprendre, alors je vais essayer de m’y mettre. Peut-être, vous est-il déjà arrivé que l’on vous parle d’un personnage célèbre, le nom vous dit quelque chose mais impossible de le situer et de raconter quelques lignes à son sujet. Le jeu Time’s Up vous dit quelque chose ?

Peut-être avez-vous déjà essayer d’apprendre un cours, de vous faire des fiches sur un sujet mais rien y a fait, comme moi, vous n’arriviez pas à vous concentrer assez longtemps et surtout à mémoriser ce que vous lisiez. Je suis vraiment dans cette situation et je suis certaine que c’est le cas de beaucoup d’autres personnes. Pourquoi ? Parce qu’à l’école, personne ne nous a vraiment donné des astuces pour mieux mémoriser.

Par exemple, truc bête, les ados un peu rebelles on les punissait comment quand ils étaient allés un peu trop loin avec les profs ? En recopiant 5x le règlement intérieur ? Sérieusement ?? Cela n’aurait pas été plus intelligent de noter les pays avec leurs capitales, ou de lire une œuvre de Shakespeare (William, de son prénom) ? Au moins, on aurait pu se vanter de connaître toutes les capitales du monde ou de pouvoir réciter par cœur un extrait de Roméo et Juliette. On ne peut pas en dire autant du règlement intérieur du collège (Grand Parc, en ce qui me concerne).

Les tables de multiplication, vous vous en souvenez ? On les récitait par cœur à nos parents, jusqu’à ce que cela devienne un automatisme. Au final, 10 ans plus tard, cela m’arrive de me demander combien font … et là grosse hésitation. Mince 7×8 ça fait combien déjà ? Bon ok 7×5 = 35 donc après je rajoute 7×3=21 donc 7×8=56 ! YES !  Bref, grosso modo on les sait, parce qu’on les a répété x fois, sauf que comme c’est du par cœur, on a appris plus bêtement qu’en comprenant ou en s’amusant. Et c’est bien dommage. Au final, les tables de multiplication, c’est simple comme bonjour. Et je vous donne la preuve avec cette vidéo de Delphine Maury, une femme brillante, qui dévoile cette astuce jusqu’alors inconnue et pourtant toute simple pour retrouver toutes les tables grâce à nos deux mains, à partir du moment où l’on connaît nos tables jusqu’à 5.

Si seulement ma sœur avait pu prendre connaissance de cette vidéo plus jeune, elle pour qui c’était un calvaire de mémoriser ces tables de multiplication.

Et je vais vous dire une chose. Pour tout le reste, c’est pareil !

On nous fait des cours où on nous livre des tonnes et des tonnes d’informations que l’on note sur des copies doubles, sans même comprendre parfois ce que l’on écrit. Je pense que personne ne me contredira en disant que les cours interactifs se font plus rares. Alors bien sûr, cela prend plus de temps à préparer, ce n’est pas forcement possible, en fonction des moyens de l’établissement … Mais une chose est sûre. Plus le cours sera interactif, plus il intéressera l’élève et plus ce dernier retiendra son contenu. Par exemple, faire des petites cartes mémo personnalisées (par personnalisées j’entends imagées, cartographiées, schématisées bref simplifiées) plutôt qu’un cours entier et barbant est bien plus efficace. Quand l’enfant est capable de réciter la leçon avec ses propres mots, bingo ! Il a compris et il sait de quoi il parle.

J’ai récemment lu le magasine « Santé » lors d’un voyage en avion. Et je suis tombée sur cet article très intéressant de l’expert en mémorisation : j’appelle Sébastien Martinez, champion de France en la matière à venir nous rejoindre dans cet article. Dans ce dernier, il donne ses trucs et astuces pour bien mémoriser. Je vous les retranscris ici et je vous invite à aller jeter à œil à son site Internet si le sujet vous intéresse davantage.

http://www.apprendrecestsamuser.com/

http://ma-methode-pour-apprendre.fr/

Comment retenir une date historique ? Son conseil est le suivant. Pour retenir une date historique, il faut lier une information inconnue à ce qui est connu. Allez je vous donne un autre exemple que celui qu’il a donné pour m’entraîner moi aussi et voir si j’ai compris son principe. Admettons que l’on veuille retenir une date très importante, celle de la 1ère guerre mondiale : 1914-1918. Première étape de mémorisation, on commence par la resituer dans son contexte, à savoir le XXème siècle. Une fois que l’on sait cela, il ne nous reste plus qu’à connaître les nombres 14 et 18, ce qui facilite la tâche. Pour retenir ces nombres, on va essayer de les connecter avec quelque chose de connu. Pour ce faire, on va inventer une histoire à partir de ces nombres. Plus elle est déjantée, mieux c’est. Par exemple pour 14-18, j’ai imaginé qu’il y avait comme un feu d’artifice de balles qui se perdaient et qui tuaient des millions de personnes (environ 18,6 millions de morts pour être exacte…) (feu d’artifice = 14 juillet, fête nationale de la France), puis 18 on peut penser à la majorité. Donc on peut se dire que pendant cette guerre il y avait comme un feu d’artifice de balles qui se perdaient et qui a tué des millions de personnes dont des jeunes qui n’avaient même pas la majorité. Et voilà ! J’espère que j’ai réussi l’exercice. Si on me demande quand est-ce qu’à eu lieu la 1ère guerre mondiale, je serai capable de me souvenir du contexte XXème siècle donc 1900 quelque chose, puis de penser à mon histoire et d’obtenir 1914-1918 assez rapidement.

Une fois que l’on a appris cette date, le mieux est de revoir cette notion un jour après, puis une semaine et enfin un mois après. Il est inutile de la répéter des centaines de fois de suite le même jour, il vaut mieux s’étaler sur la durée. De même que c’est plus utile de réciter cette information à quelqu’un plutôt que de la lire. Si vous la récitez, hop une pierre deux coups, cette personne l’apprendra en même temps que vous avec le bonheur de partager et de transmettre en plus ! Après quelques temps, si on vous demande la date de la première guerre mondiale, vous ne retiendrez pas cette histoire loufoque que vous avez inventé mais seulement la date soit 14-18 dans l’exemple que j’ai utilisé.

Comment me rappeler d’un mot que j’ai sur le bout de la langue ?  Comment s’appelle cet acteur qui joue dans ce film que j’ai regardé hier. Vous vous focalisez sur cette information qui vous échappe alors qu’il serait plus judicieux d’essayer de vous souvenir du lieu de visionnage du film. Est-ce que vous étiez chez vous ? Au cinéma ? Avec qui vous étiez, seule ? Avec votre amoureux ? votre coloc ?  Peut-être que vous ne vous rappeliez pas de son nom, mais que vous êtes pourtant capables de citer un de ses films ? L’important est de trouver des connexions qui vous aideront à surmonter ce blocage et à retrouver l’information manquante.

Où sont passées mes clefs de voiture ? Comme pour le mot dont vous vous ne vous souvenez plus, il faut essayer de rembobiner le film de la journée, sans trop se stresser toutefois. Pour éviter que cela se renouvelle, préférez le mono tâche au multi tâches, et prenez l’habitude de poser vos clefs toujours au même endroit (plutôt qu’une fois dans la poche de votre blouson, un autre coup, dans l’un de vos pantalons, et puis la fois d’après, sur la table de la cuisine). Prévoir une « maison » pour chacun de vos objets permet d’être organisé(e) et de ne plus avoir à les chercher.

Comment retenir une liste de 10 mots ? Même principe que pour la date historique, il suffit d’imaginer une histoire qui liera ces 10 mots entre-eux.  Par exemple, si je dois retenir lapin, samouraï, persil, île, cabane, riz, construire, carotte, manger, ailes. Je peux inventer qu’un lapin samouraï, qui comme tous les lapins, mange des carottes a atterri sur une île remplie de persil, il a du construire une cabane puis il a eu faim et il en avait marre des carottes donc il a opté pour du riz accompagné de ses ailes de poulet.

Je dois retenir les noms d’un groupe de personne, comment faire ? Premier jour de travail, on vous fait visiter les locaux et là pendant que vous croisez 50 visages à la minute, on vous dit alors lui là c’est Philippe le directeur artistique, et puis là c’est Mélanie, puis vous voyez la femme avec la robe à pois, c’est Bernadette… Bref, 5 minutes plus tard, vous êtes perdu(e) ! Des fois, c’est facile, le prénom est le même que celui de votre frère, ou d’un de vos amis … du coup vous le mémorisez plus vite. Sinon, l’astuce est de retenir un signe distinctif de cette personne, une couleur de cheveux, un habit, un détail sur son visage. Deuxième solution, utilisez votre imagination, pour Bernadette vous pouvez vous dire, cette fille là a une tonne de dettes sur le dos, et quand vous la recroiserez, vous penserez à dette et du coup le prénom Bernadette vous reviendra plus vite en mémoire. Ou retenez déjà les premières lettres du prénom, ou si on vous présente quelqu’un par son nom de famille, exemple Mr Dujardinpropre, essayez de l’imaginer en train de tondre la pelouse. N’hésitez pas à faire répéter le nom ou à vous questionner sur son origine.

Comment retenir un mot dans une langue étrangère ? Là encore,  il suffira d’associer le mot et sa traduction par un moyen mémo-technique. Par exemple, si je veux retenir, disons un mot que je ne connais pas encore en anglais, pyknic, signifiant short and fat (petit et gros), dans ce cas, rien de plus simple j’imagine faire un pique-nique avec un ami petit et gros. Si je veux mémoriser le mot nelipot, se traduisant par quelqu’un qui marche sans ses chaussures. Dans ce cas, j’imagine forcement Vanupié, qui ne lit pas (ne lit pô). Haha, je me fais rire toute seule ! Peu importe l’histoire, du moment que cela vous permette de retenir le mot !

Quelques techniques de mémorisation pour les cours …

  • Les flash cards : super simple, tu te crées des cartes en papier. D’un côté le mot Nelipot dans l’exemple que je viens de donner. De l’autre la traduction, someone who walks without shoes. En résumé, question au recto, réponse au verso. Le principe, pouvoir regarder toutes ses cartes rapidement, et ce, même dans les transports en commun afin de faire des révisions rapides sur les mots / notions clés du cours.
  • Le sketchnote : Il s’agit d’une prise de note, non pas écrite, mais visuelle. Tout est permis : dessins, schémas, tableaux, graphiques, texte … Le but est de synthétiser l’information et de pouvoir se créer des connections visuelles entre les notions. Tout comme la mind map, on utilisera une grande feuille de papier pour sa prise de note.
  • Le lapbook : Comme son nom l’indique, il s’agit d’un petit livre / livret, qui reprends les notions clés du cours. Le but du livret est de le rendre le plus interactif possible. Le mot d’ordre : ciseau !!! Ok il y en a un autre : Colle ! On découpe, on plie, on colle, des images en tous genres, des dessins, des schémas … on surligne les titres, on scotch une pochette plastique pour glisser d’autres images, on colle des posts-it de différentes couleurs pour organiser les différentes sections de la leçon, on créer des languettes à tirer pour les « en savoir plus », bref, on rend notre petit livre joli et ludique et on fait ressortir les notions importantes. À vous d’utiliser votre créativité !
  • La mind map : Une « carte mentale » est un moyen extrêmement efficace pour mémoriser l’information. Le but est de partir du cœur de la notion puis de l’étendre dans ses moindre détails. Aller du macro vers le micro. Il faut réfléchir en amont aux notions clés et les organiser dans sa tête avant de les coucher sur papier. La mind map dispose d’un noyau central autour duquel se fera de nombreuses connections. Je reprends un exemple que j’avais utilisé précédemment. Imaginons que la 1ère guerre mondiale soit le noyau central (la notion que l’on souhaite apprendre). Ensuite, on trace une flèche et on va mettre la date 1914-1918. Puis une autre flèche et ainsi de suite. On peut également incorporer des dessins ou des schémas pour la rendre la plus visuelle possible.

Quelques pistes d’articles à lire si vous voulez approfondir le sujet :

http://www.mindmapping.com/fr/

10 méthodes pour réviser, mémoriser et apprendre efficacement

http://apprendreaeduquer.fr/le-lapbook-un-support-dapprentissage-et-de-revision-ludique-et-efficace/

Comment bien réviser à l’approche des examens ? La majorité des étudiants se crée des fiches pour réviser. Souvent, c’est un copier-coller du cours. Or, pour qu’elle soit vraiment efficace, il faudrait simplement noter les chapitres clés du cours avec les notions abordées et d’être capable, juste en lisant le titre, de resituer le contexte et de pouvoir parler du sujet avec ses propres mots. Le mieux est d’avoir quelqu’un à ses côtés pour pouvoir lui réciter la leçon. En disant le cours à voix haute et devant quelqu’un, on est obligé de ne pas faire de par cœur, il faut que la personne en face de nous puisse comprendre, et surtout ne pas dormir en nous écoutant. Cela nous oblige à synthétiser et à réciter l’essentiel.

Le bac approche et on doit absolument tout connaître, l’histoire-géographie, mais aussi les maths, en passant par le français et les langues vivantes … Le mieux est de changer d’environnement à chaque matière. Cela structurera l’apprentissage et évitera de nous mélanger les pinceaux quand on repensera à la matière. Il faut bien évidemment faire des pauses de temps en temps, ne pas passer trop de temps devant les écrans, être au calme et dans un environnement lumineux, et ne pas hésiter à s’entourer d’amis pour pouvoir partager nos savoirs. En allant se coucher, on peut revenir sur ce que l’on a appris dans la journée, sans se coucher à pas d’heure, bien évidemment. Le fait de relire le cours dans les grandes lignes le soir avant le coucher favorisera sa mémorisation.

Si l’épreuve se déroule le matin, à partir de 9h. Le mieux est de commencer à réviser à cette heure là pour que le corps s’habitue à se lever tôt et à se concentrer à une heure matinale. Pareil pour le temps de révision. Si on doit faire une dissertation de 4h, il faut se préparer psychologiquement et physiquement à cette épreuve. Plus on se mettra dans les conditions de l’examen, mieux on vivra l’épreuve et plus elle permettra facile. Par exemple, pour passer son permis de conduire, rien de tel que de demander de l’aide à son paternel pour qu’il vous accompagne en voiture dans la ville où vous passerez votre permis de conduire. Il pourra ainsi imaginer un trajet un peu « piège » dans les conditions de l’examen, à durée égale. Si vous sentez que votre moral flanche, ne vous laissez pas abattre. Prenez une pause, détendez-vous et prenez du recul. Souvenez-vous, faîtes de votre mieux, restez concentré(e) pour éviter les fautes bêtes, et tout se passera bien.

Enfin, pour conclure, pensez à bien dormir. Quand on a pas assez dormi, on est de mauvaise humeur, pas en forme physiquement, on a du mal à se concentrer parce qu’on ne pense qu’à roupiller. Il faut donc se reposer comme il se doit, surtout en période d’examens. De plus, comme dit précédemment, la nuit aiderait à mémoriser et consolider les informations précédemment apprises.

Dormez donc bien mes petites marmottes. Et souvenez-vous, chaque sens sollicite une aire cérébrale. Donc plus vous associerez une information à la vue, au toucher, au goût, à l’ouïe, ou enfin à l’odorat, plus vous vous en souviendrez (5x plus !).

Pour aller plus loin, je vous propose quelques lectures sur ce thème :

  • Une mémoire infaillible. Briller en société sans sortir son smartphone. Par Sébastien Martinez.
  • Une tête bien faîte, de Tony Buzan.
  • L’homme qui se souvient de tout, un voyage dans les coulisses de la mémoire. Par Jesper Gaarskjaer & Troels Donnerborg, préface de Sébastien Martinez.
  • Les troubles de la mémoire : prévenir, accompagner, ouvrage collectif sous la direction de Francis Eustache, édition Le Pommier.

Mémoire et savoir à gogo mes petits intellos !

 

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